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Punta Ninfas et la ruta 5

18-19-20 octobre 2016

Lundi matin, il pleut toujours et il pleuvra pratiquement toute la journée,  nous allons changer les pneus avant du camion. Gérard ne veut pas revivre l’expérience de Punto Pardalès.  Enfin à 3h de l’après-midi, Thanasinh est chaussé de ses pneus « chameaux ». Quelques courses, on trouve aussi un morceau de plexiglass pour remplacer la fenêtre de cuisine partie sur la piste de Pantanal, un phare arrière laissé sur la piste de Punto Pardalès et nous voici de nouveau au camping du Puerto Madryn. On pensait bien faire le blog et donner des nouvelles à notre petite famille mais c’est raté : pas d’internet en panne. C’est l’Argentine !

Après une bonne nuit de sommeil toujours avec la pluie, on se lève avec un temps mitigé mi-figue mi-raisin. On demande au directeur du camping si la ruta 5 est bonne, il nous confirme qu’avec nos 4×4, il n’y a pas de problème. Au moment de partir, Gérard s’aperçoit que le pneu avant est dégonflé bon avec le système d’air posé au Paraguay, pas de problème on regonfle mais retour chez « Michelin » pour faire vérifier le pneu. Entre temps, Philippe que nous avons retrouvé au camping s’aperçoit que son compteur de vitesse ne marche plus. Direction Fiat qui n’ouvre qu’à 16h et qui a les mêmes sales habitudes que nos concessionnaires, avant même de regarder ce qu’il y a, on regarde si la pièce est dispo mais non pas avant 15 jours…..et pas avant 2 jours pour vérifier si ce n’est pas autre chose…

Nous décidons alors de partir pour la Ruta 5 et la Punta Ninfas. Il est 5 heures. Pourquoi la Punta Ninfas ? La raison est simple, Philippe avait lu sur des blogs que l’on pouvait s’approcher des éléphants de mer sur la plage et non pas les voir d’un mirador. Il ne voulait pas faire la piste seul, nous la ferons donc à deux. Nous avons 70 kilomètres à faire.

Nous prenons une piste non une route non revêtue assez dure au démarrage mais au fil des kilomètres, nous avons de plus en plus d’eau puis de dure la piste devient plus boueuse.

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On ne voit pas les kilomètres avancés et maintenant que nous sommes engagés il nous faut continuer. Bientôt les camions sont recouverts de boue.

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Philippe fait une glissage mais le Dangel se comporte très bien sur la piste, nous, avec les nouveaux pneus ont a pas de problème mais c’est tout de même sportif comme conduite. On ne voit pas les kilomètres défilé.

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Vers 19h, il nous reste encore une dizaine de kilomètres quand Philippe s’embourbe, nous sommes obligés de faire un demi-tour périlleux pour le tirer de ce mauvais pas. On sangle, on tire et sans problème le camping-car sort de son ornière.

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Il commence à faire brun il nous faut trouver quelque chose pour la nuit. Au loin, on voit le phare s’allumer et qui dit phare dit une plateforme donc peut être pourra-t-on se garer. Mais pas chance, rebelote, Philippe se plante dans la boue de nouveau. On va de nouveau le chercher, le sortir de la boue. Pas de photo, il fait nuit. Les phares sont pleins de boue, impossible de voir. Heureusement, Thanasinh a des phares sur la galerie et nous arrivons tant bien que mal au phare et là, miracle une plateforme de niveau et dure : ce sera notre bivouac pour la nuit.  Nous sommes au bout du monde et comme d’habitude, pas de téléphone et pas internet.

Apéritif chez Philippe et Dominique pour arroser notre « ruta 5 ». Mais un conseil aux prochains, ne faire la ruta 5 que s’il n’a pas plu de la semaine et d’avoir un 4×4.

Bains de boue pour les camions

Bains de boue pour les camions

Une bonne nuit uniquement bercé par le vent. Pas besoin de vous dire que les voisins se font rares dans le coin. Ce matin, il fait frais mais le soleil est de retour. Nous sommes à environ 1 km du bord de l’eau mais nous sommes déçus car nous sommes sur une falaise.

Nous partons pour trouver un chemin qui descendrait vers la plage car d’après Philippe, sur les blogs qu’il a lu, il y a possibilité de descendre. Mais après une bonne balade à travers la steppe, le seul chemin qui descend vers la mer est  très, très, très sportif : d’abord une gorge étroite, puis une corde et descendre le long de la falaise.

dsc_1012dsc_1014Bon, nous, on a passé l’âge. Déjà que dans le chemin boueux, je me suis tombée et j’ai pris un bain de boue et j’ai fini la balade en slip et tricot ….mais à part des bleus et quelques douleurs, tout va bien. Alors descendre dans le goulot, ce n’est pas pour moi.dsc_1017

Nous avons passé l’après-midi à farnienter, nous préférons repartir que demain, le vent et le soleil auront, peut-être, un peu asséchés la piste. Vers 18h, une voiture passe, la 1ère depuis hier que nous sommes sur la piste. C’est un argentin avec des amis qui dit connaître le chemin pour aller voir les éléphants. Et voilà Philippe et Gérard partis avec eux pour reconnaître la route.

En fait, il s’agit du même chemin que nous avions repéré. Philippe déclare forfait mais Gérard décide de descendre avec eux.

Récit de Gérard :

Tout d’abord, Féderico sort de son coffre une bouteille d’eau et une corde. Gérard a pensé que la corde servirait de défense éventuelle.

La falaise fait 90m de haut, il faut descendre par une échelle de corde de 2.50m le long de la paroi à la verticale puis on emprunte un chemin taillé dans la roche très étroit sur une centaine de mètres avec une pente à 30-35° voir plus à certains endroits pour arriver sur une plage de galets et de gravillons très pénible à la marche. C’est la condition pour faire des photos et approcher les éléphants de mer à 10-20m dans un premier temps car ces gros lourdaux qui semblent dormir, sont sur la défensive. Mais le gros éléphant de mer dominant nous montre que, pour défendre son harem, il sait bouger. Après un moment d’accoutumance, on se décide d’approcher pour prendre des photos : « Le graal »

90m de haut !

90m de haut !

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Une envie d’aller les caresser, surtout les petits, mais je me suis arrêté à 2m car la présence de l’homme peut les rendre agressifs. Une femelle allaite son petit, une autre se montre agressive et l’on a vite compris qu’il ne fallait pas s’approcher.dsc_1062dsc_1071dsc_1073dsc_1107dsc_1127dsc_1132

Après une bonne heure d’émotion, il faut penser à remonter. Et Dieu sait que la falaise d’en bas semble beaucoup, beaucoup plus haute.

Après 3-4 arrêts pour reprendre mon souffle et mes jambes, nous arrivons à cette échelle de corde. Là, j’ai compris pourquoi Fréderico avait pris une corde : non pas pour les éléphants de mer mais pour l’éléphant  de terre c’est-à-dire moi.  Descendre, c’est une chose mais remonter c’est encore une autre affaire. Frédérico me passe la corde autour du ventre et on balance le bout à Manuel qui lui est déjà en haut afin d’assurer ma sécurité. Les trois minutes de montée d’échelle m’ont paru bien longue et j’y ai laissé mes forces….mais quelle satisfaction arrivé en haut.

Je vous laisse donc  regarder des photos exclusives d’éléphants de mer de la pointe de Ninfas.dsc_1109

maman éléphant allaite son petit

maman éléphant allaite son petit

Retour Rawson toujours par la piste mais en meilleure état : elle a un peu séchée. On fait laver les camions et on profite du wifi du garage pour vous poster les articles;

 

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Les baleines franches australes de Valdes

Tout, tout, vous saurez tout sur les baleines.

Nous partons de l’agence Bottazzi (voir précédent article) engoncés dans nos gilets de sauvetage et c’est un tracteur qui met le zodiac à l’eau car il n’y a pas de port.

dsc_0523-001 Nous sommes une  quinzaine de « touristes » plus trois accompagnateurs dont Romain qui est français mais qui vit depuis 8 ans en Patagonie et le capitaine. Nous traversons la baie et nous apercevons des phoques près des falaises.dsc_0541

Nous les contournons et nous sommes dans un autre golfe et là, des baleines par dizaine. Au dernier recensement de la semaine dernière, il y en avait 423. Le nombre d’habitants à Puerto Piramides est de 250 ! En fait, les baleines et leur petit viennent ici car il y a une infractuosité dans la couche tectonique ce qui permet aux baleines d’être relativement protégées des orques.

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Quel régal, quel ravissement, pas de mot pour dire ce que nous avons éprouvé tous. Des baleines et leur petit baleineau : les naissances ont eu lieu il y a un mois, ils sont tout près de nous à évoluer. Romain nous explique que le petit baleineau ne sait pas vraiment nager quand il naît et ne sait pas se retourner dans l’eau, c’est maman baleine qui lui apprend. Papa baleine, lui est reparti depuis longtemps. On aperçoit un baleineau faire du surf sur le dos de sa mère.dsc_0668

Pour nourrir son baleineau qui a besoin de 150  litres de lait par jour, maman baleine n’a pas de mamelle et elle expulse son lait qui a la consistance du beurre et le baleineau vient picorer dans la masse de ce lait très gras. Pour faire savoir qu’il a faim, le baleineau donne des coups de tête. Un baleineau grandit de 3 à 4cm par jour !

Une baleine franche peut peser jusqu’à 27 tonnes et mesurer 12m de long. La femelle est plus grosse que le mâle.

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Une charte a été faite et la législation impose de couper le moteur du bateau à 20m des baleines. Romain nous explique que la baleine franche est une baleine très facile d’approche et n’est pas méfiante d’où sont extermination car il était très facile de la chasser.

Le bateau s’approche des baleines avec leur petit, ils sont  tous près de nous, nous apercevons un baleineau « albinos » – c’est 1% des naissances- mais ces baleineaux sont très menacés par les orques en raison de leur couleur qui se voit de loin. En fait on nous explique que le capitaine approche le bateau mais si la baleine ne veut pas s’approcher, il s’éloigne : c’est à la baleine de décider de venir. Il y a des baleines plus curieuses ou plus joueuses que d’autres.  Doucement, le soleil se couche, et là, une baleine et son baleineau viennent jouer avec notre minuscule embarcation : la baleine pousse le long du bateau son petit et elle, elle passe et repasse sous le zodiac et nous fait un show.
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Nous sommes un peu bousculés dans le bateau mais nous sommes tous ravis, tout en pensant qu’il ne faudrait pas un  grand coup de queue de la baleine pour renverser notre petit bateau…dsc_0747dsc_0767

Le capitaine nous dit qu’il faut maintenant s’éloigner pour ne pas trop l’agacer. Romain nous explique que chaque baleine a son empreinte génétique : les scientifiques les reconnaissent grâce aux callosités qu’elles ont sur le corps et la tête. Les petits naissent avec les mêmes que leur mère plus une ou deux. Ils ont pu ainsi remonter sur 4 générations pour certaines baleines.dsc_0770dsc_0774dsc_0827

la baleine passe sous le bateau

la baleine passe sous le bateau

 

Actuellement, le plus grand prédateur de la baleine est ……la mouette qui en venant picorer sur le dos de la baleine lui donne plein de microbes et de germes de la décharge de Puerto Madryn ou elles vont et bien sûr toujours l’orque.

la baleine et son baleineau

la baleine et son baleineau

Heureusement Romain nous avait prévenu de bien nous couvrir et en rentrant le capitaine a mis pied dedans. Nous sommes rentrés à plus de 25 nœuds. Pour savoir si c’était l’heure, le capitaine a mis ses  doigts sur l’horizon pour avoir l’écart entre le soleil et l’horizon. 3 doigts, c’est bon, on rentre. Mieux qu’une horloge suisse.dsc_0723

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A notre retour, un verre de vin nous est servi avec quelques amuse-bouches.  C’est aussi un moment de partage et d’émerveillement sur la nature et sur ce que nous avons vu. On nous projette des photos prises lors de notre sortie en mer mais aucune photo ou film ne peut décrire ce que nous avons ressenti. C’est vrai que plus jamais, on ne voudrait voir tuer les baleines après cette expérience unique.